dimanche 11 octobre 2020

Among the trees


C'est en famille et masqués que nous partons à la rencontre de 38 œuvres d'artistes réunis sur le thème de l'arbre.
Une sortie extra ordinaire en grands formats, multiples matériaux et medias, dont les créations viennent des 5 continents. Nous allons voyager et se balader dans la nature !

Cette exposition reportée a finalement ouvert ses portes dans l'espace immense de la galerie Hayward, sur la rive de la Tamise connue sous le nom de Southbank.  
Les expositions repartent après ces 7 derniers mois "en pause", avec quelques mesures de sécurité. 
Among the trees est une exposition immersive, une balade à grande échelle autour d'un vaste sujet essentiel à notre survie. En pleine pandémie sanitaire et crise climatique.
On s'arrête un moment sur une des œuvres grandeur nature composée de 6 écrans, illustrant le mouvement d'un épicéa finlandais, représenté à l'horizontal; un peu comme si l'artiste n'avait trouvé que ce moyen pour faire tenir l'arbre dans la pièce. Le titre  : Horizontal – Vaakasuora en finnois. Au coin en haut à gauche, l'artiste Liisa Ahtila apparaît en manteau bleu, prétexte pour présenter l'échelle de l'œuvre. Avec le peu de visiteurs autour, on se sent face à face avec l'œuvre, dans un silence apaisant. 
Avant la tempête ?
Myoung Hon Li, un photographe coréen, met en scène l'arbre à la manière d'un studio, laissant apparaître l'environnement, comme un portrait de l'espèce qu'il a sélectionné pour sa série sur les arbres.

L'installation d'Ugo Rondinone, artiste suisse connu pour ses œuvres de land art; retient notre attention tant ce moulage immaculé d'un olivier vieux de 2000 ans est spectaculaire. Une tentation offerte aux quelques enfants présents d'y grimper, il invite aussi à une réflexion sur le temps qui passe. 

Juste à côté, beaucoup plus "nu" un tronc sans son écorce est présenté au niveau du sol, assez simplement. On aimerait toucher sa surface lisse...
En fait, le sculpteur japonais Kazuo Kadonaga, a réussi une prouesse technique hautement minutieuse, celle de découper l'arbre en 800 feuilles très fines, pour reconstituer le cèdre original.
Un autre tronc, vertical, est sculpté à l'intérieur, par l'artiste italien Giuseppe Penone Albero Porta - Cedro/Door Tree, comme un arbre dans l'arbre, la volonté de mettre en avant la mémoire de l'arbre.

Nous nous arrêtons devant cet aquarium très singulier. Il y a bien de l'eau à l'intérieur, mais elle n'est pas visible au premier abord. La solution saline et l'éclairage jaune confère une ambiance féérique à cette forêt miniature.

Une conférencière s'approche de nous, (tout en gardant la distance de sécurité) et nous expose les grandes lignes de l'œuvre de l'allemande Mariele Neudecker, ‘And Then the World Changed Colour: Breathing Yellow".

William Kentridge, artiste sud africain, peint à l'encre de chine sur du papier journal.
Pour terminer, nous entrons dans une pièce spécialement dédiée à la création numérique de Jennifer SteinkampBlind Eye, offre sur 15 mètres l'évolution d'une forêt de bouleaux au travers des saisons en 3 mn. 
A l'extérieur de la galerie, "Rhododendronune photo de la photographe germano ghanéenne Zohra Opoku. Et un portrait de famille !


samedi 3 octobre 2020

London, today.

Sept mois sans prendre les transports en commun pour aller voir ce qui se passe hors du quotidien.
C'était long. 
J'ai bien été tentée par les images d'un Londres vide pendant tous ces mois, mais j'ai remis tous les projets à plus tard. Depuis quelques temps, l'essentiel doit être repensé. Les loisirs ne sont plus dans les priorités. 
Ce samedi, la grisaille est au rendez-vous mais la joie de retrouver certains quartiers est là. 
Redécouvrir des scènes de vies, sans les touristes, comme si Londres n'était maintenant qu'accessible aux londoniens. La Manche nous sépare du reste de l'Europe, où chaque visiteur doit respecter une quatorzaine. Evidemment aucun groupe de jeunes ados en visite scolaire, ni de touristes. Tout est calme, mais pour combien de temps ?
Toutes sortes de sentiments apparaissent. La ville qu'on a connue avant (l'épidémie, le vote en faveur du Brexit) est différente, mais comment savoir si c'est temporairement ou indéfiniment. 
Je m'arrête devant toutes les injonctions que je croise : 

"Mind the gap", un classique, que j'affectionne particulièrement

"Wear a face covering" au cas où l'information ne serait pas passée.

"Have fun today" avec des personnages qui ressemblent à ceux de Keith Haring.

C'est parti pour l'option numéro 3 : have fun today.

Toujours des idées pour faire manger les gens à toutes heures, mais de plus en plus sainement, avec ce bus à impériale et sa terrasse sur le toit pour déguster une petite glace au yaourt sous un arc en ciel.
Grand choix de cuisines du monde avec marché de street food, offrant les traditionnels fish n'chips et plats indiens, bars à jus et même le stand de Mulled Wine de retour !
Toutes ces couleurs éclatantes sont encore plus marquées sous le ciel gris menaçant. On aperçoit un peu partout des portraits d'hommes et de femmes mis en lumière pendant ces temps de pandémie, hommage d'artistes aux travailleurs de la NHS. 
Un mois d'école et toujours pas confinés. On croise les doigts.

samedi 5 septembre 2020

Lockdown vs self isolation : le confinement et la quatorzaine vus par une famille française de Londres

De nombreux mots ont fait leur apparition depuis quelques mois. Aussi bien linguistiquement qu'en matière de santé publique, le confinement et le lockdown n'ont pas été vécus de la même manière sur le continent et les îles britanniques. 

D'ailleurs, même au Royaume-Uni, les stratégies étaient différentes, avec un ministre de la santé dans chaque pays, Irlande du Nord, Ecosse, pays de Galles. Pendant ces trois mois de confinement anglais (assez fantaisiste, comme d'habitude) la vie était ici plus facile, avec des sorties sans autorisations écrites, et peu limitées. L'accès aux magasins était bien organisé, le pays étant champion du monde de la file d'attente. Comme Boris Johnson aime se démarquer, deux mètres sont imposés de distanciation sociale, entraînant des records autour des supermarchés dès potron minet (à la maison, on utilise les plus belles expressions françaises, c'est toujours ça de gagné sur la pratique du français). 

En août, au cœur des vacances dans notre pays de villégiature favori, l'annonce d'une quatorzaine imposée à 500 000 voyageurs hors du Royaume fait l'effet d'une douche froide. Il y a à peine 48 heures pour s'organiser, les transports sont pris d'assaut et les prix flambent.

Deux stratégies se mettent en place chez nos compatriotes : ceux qui ne veulent pas renoncer à leurs vacances et ceux qui sentent que les 14 jours cloîtrés à la maison risquent de leur coûter cher moralement (et une troisième qui est bien-sûr celle de ne pas faire la quatorzaine, tout naturellement).

Nous décidons de ne pas passer la nuit à risquer un échec pour traverser la Manche avant 4h du matin et profiter d'un dernier week end en famille. Pas sûr qu'on puisse se voir à Noël...

Pendant ce temps d'isolement volontaire forcé, j'ai eu du temps pour revenir sur ces deux temps qui ont généré des sentiments opposés. 

L'annonce :

En Mars, toute l'Europe est confinée mais pas le Royaume Uni, qui regarde de l'autre côté de la Manche sans rien mettre en place (comme la rage qui n'est jamais entrée sur le pays, le Covid s’arrêtera à Calais). Nous avons le temps de préparer le confinement côté projets de rénovation,  pour repeindre quelques pièces, et se procurer de la farine en quantité pour le boulanger de la maison.

En Août, les vacances sont prévues à la dernière minute, les billets annulés, échangés, puis réservés de nouveau sont un précieux sésame pour accéder à notre douce France. A nous les marchés, les paysages familiers, la famille et les amis. L'annonce faite à 23h un jeudi, veille du WE du 15 Août nous ramène les pieds sur terre : vivre sur cette île devient de plus en plus difficile logistiquement et psychologiquement.

L'explication : dans le premier cas, en mars, comme le monde entier a pu le constater, Boris et sa troupe n'ont pas pris la mesure de la pandémie. En août, il attend d'aller rendre visite à son père en Grèce pour ensuite rajouter ce pays à la liste soumis à la quatorzaine... 

Quartier piétonnier pendant le WE

 Au quotidien à la maison :

En Mars, tout le monde se plie aux consignes d'isolement, et "attend" le lockdown avec impatience, la lenteur de l'annonce génèrent des tensions entre les passants et de grosses interrogations. Les idées ne manqueront pas pour s'occuper à la maison, toutes les séances de sport à distance sont accessibles (sauf pour nous la natation), la cuisine est transformée en boulangerie, le bureau en classe d'école et le jardin en cours de récréation. Entre voisins, les liens se créent par-dessus les clôtures et tous les jeudis à 20h, on découvre enfin le visage de tous ceux qui nous entourent (c'est l'heure des applaudissements en soutien du NHS). Les 8 semaines à la maison permettent de faire un petit potager, enrichir le français des enfants, notamment par le visionnage de certains films cultes français. 

En Août, on espérait des vacances paisibles en passant entre les gouttes et un retour à un peu d'insouciance. De retour à Londres précipitamment (mais pas assez pour éviter la quatorzaine) où le temps n'est plus au beau fixe, il faut rester à la maison sans même pouvoir sortir le chien (qu'on n'a pas). Avec la pluie, on regrette l'été et les activités de plein air. On imagine tout ce qu'on pourrait faire dans Londres ou ailleurs, pendant que tout le monde vit normalement. Il y a même cette mesure du gouvernement qui nous reste au travers de la gorge : pour aider les restaurants à reprendre leur activité , chaque client reçoit une réduction de £10 sur son repas du midi du lundi au mercredi. Les mesures de distanciation sociale et la volonté de rendre piéton certains axes font que certaines terrasses se sont étendues sur les rues. 


La sortie du confinement :  

En Juin, très peu d'entre nous reprend le travail, sauf les personnes considérées comme key workers, essentielles à la vie du pays. Les enseignants en font partie - ils deviennent à leur tour d'autres héros invisibles jusque-là. Nos projets professionnels nous ont porté pendant ce confinement et la contrainte de l'enseignement à distance a développé notre créativité. Les écoles maternelles et primaires ont doucement repris et la joie d'être ensemble avec mes petits élèves a été un moment unique dans ma carrière, même avec un masque sur la moitié du visage.

En Août, le temps est suspendu pendant 14 jours, quatorzaine oblige, les journées sont longues, sans pouvoir sortir même pour faire des courses. On entend parler de contrôles par téléphone (réels), d'amendes de £1000 pour ceux qui ont payé avec leur carte bancaire (fantasme?) et il est même question de dénonciation de voisins. Rien à voir avec l'élan de solidarité pendant le lockdown, où un groupe whatsapp de rue est créé pour s'entraider.

La fin des vacances à la maison est une suite de jours identiques marquée par un certain manque de structure et d'envies. Les vacances sont finies, les murs ont été repeints, les livres n'ont plus le même attrait. La rentrée approche et les enfants attendent le signal pour sortir enfin voir des amis, dont certains pas vu depuis l'arrêt de la classe (l'école n'a pas repris en secondaire). Les chaussures d'école rangées depuis Mars sont devenues trop petites, comme le reste de l'uniforme - si peu usé - il faudra aller faire la queue pour s'équiper, le seul weekend qui reste avant la rentrée des classes. 

La libération a enfin eu lieu, comme le montrent ces photos. Et le soleil est de retour ! 

En fonction des membres de la famille, il y a urgence à sortir. On observe tout ce qui a changé, ce qui est toujours là. Retrouver des repères et refaire des projets, localement, on ne pense pas aux prochaines vacances. Beaucoup trop tôt.

vendredi 27 mars 2020

London stands together


Quelques jours à la maison et la source de créativité reprend du service.
Je la croyais tarie depuis que nous sommes devenus britanniques - comme si je n'avais plus rien à dire ! Pour accepter que cet "entre deux" va durer un an, il fallait du temps. C'était sans compter sur la situation de crise sanitaire mondiale, qui nous ferait presque regretter le sujet du Brexit.
Si je reprends le clavier, ce n'est pas pour présenter la prochaine gay pride, avec toutes ces couleurs vives, mais bien pour partager le sens de cette illustration.
Publiée dans un journal quotidien ces jours-ci, les lecteurs sont invités à l'imprimer et l'afficher à leurs fenêtres. L'artiste Peter Blake, a repris la thématique de l'arc en ciel, devenue le symbole de la solidarité.
Cet après midi, je me suis lancée à la recherche des dessins d'enfants accrochés aux vitres. Peter Blake, figure du pop art anglais, est à l'origine de la couverture de l'album mythique des Beatles Sergeant Pepper.
Do something today that your future self will thank you for
An obstacle is often a stepping stone.



Habituellement, la rue dans laquelle nous avons emménagé il y a 5 ans dans la plus totale discrétion, est imperturbable. On ne croise pas un chat, à peine quelques renards la nuit tombée; aucun visage connu. De chaque côté de notre semi detached house, de jeunes professionnels en colocation nous prennent les colis de temps en temps. Depuis quelques jours, 70 voisins participent à des échanges sur un groupe Whatsapp, initié par un petit papier glissé dans la boîte. Deux habitants ont proposé leur aide pour s'entraider et créent le groupe. Ironie du sort, l'un d'entre eux tombe malade et demande quelques services de courses sur le groupe. Depuis, les partages de liens propres au voisinage, collectes pour une banque alimentaire ou propositions de services affluent.
Toujours cette même semaine, alors qu'il semble que le temps est arrêté, nous entendons une ambulance venir un soir se garer juste à côté du 26, pour secourir un monsieur âgé. Il laisse peut-être derrière lui sa femme, qu'on espère autonome.
Le lendemain, j'apprends par un des habitants du 24 (on est identifié par nos numéros) que ce couple avait demandé de l'aide un peu plus tôt pour aller chercher des médicaments, en appelant un numéro de téléphone distribué par le MP local qui a réuni et partagé une liste de volontaires, glissée aussi dans la boîte dans toute la circonscription. Il est donc possible de les joindre par téléphone.
Une femme qui n'avait pas encore communiqué sur le groupe nous informe qu'elle est médecin NHS, des messages de soutien se succéderont toute la soirée. A défaut de mettre un visage sur le personnel médical, on sait qu'une voisine a entendu les applaudissements d'hier soir.
L'institution de la NHS a souvent mauvaise presse, mais en quelques jours, de nouveaux héros sont mis en avant. Les mots de remerciements s'affichent un peu partout.

De retour chez moi, je croise une personne en train de lire...allongée avec son livre sur des coussins sur le trottoir. Une occasion de profiter du soleil en évitant les rassemblements au parc, faute de jardin : on s’adapte !

lundi 2 décembre 2019

When Froggies become Roast Beef

Ten years ago, we moved here to the UK thinking we would be islanders for just a short while. We didn't feel home-sick and the short journey to and from the continent proved simple. 
Above all we were benefiting from the best of both cultures! At that time who would have predicted the state of political turmoil that was to befall the country?

Over this past decade, we have had a super time as a family settling into such a child-friendly city. We have lived through some of the country's most exciting events. During 2012, for example, so many joyful celebrations happened in one year: the Olympic and Paralympic Games, the Queen's Diamond Jubilee, street parties being organised everywhere, a royal baby on its way...
Things changed dramatically in 2016 after 51.9% of voters chose to leave Europe. From then on we could hardly believe what was happening here. What we saw around us in London was not the outcome we had expected in the early hours of the morning of 24th June 2016. London isn't representative of the rest of the UK, but this was something we had hardly realised prior to the referendum.

We felt totally in the dark about the final result of what appeared to be a process of economic and political self-destruction and unsure about our future here as EU citizens. We applied for "settled status" and made the decision to start our long journey towards citizenship. One thing seemed obvious - our children would need a clearer status, as they had grown up and spent all their childhood here in the UK. Sometimes they would claim they were British, sometimes French: we felt we had to go through this process for them and bring their two cultures together.
After all, these two have grown up in a country where children have their tea at 5pm (we were soon to understand that it wasn't an actual tea), and, consequently, children hardly ever have a dinner with their parents (we still have our dinner at 7pm all together). Like other British children, they even ate Toad in the Hole and Yorkshire pudding (not a dessert) with their Sunday Roast !
Despite our new home country’s reputation for original and unusual gastronomic delights, our children became very keen on food from all over the world: they enjoyed street food markets, finger food and takeaways ! They even placed Hula Hoop snacks on their fingertips as Amelie does with raspberries in the film. They would have easily won a quiz on the different flavours of crisps or would have been happy to eat beans on toast (if only we had some in the kitchen cupboard!).  

Although they spoke no word of English, they soon began to sing nursery rhymes with their South West London accent: Humpty Dumpty replaced Frère Jacques, and they even started to correct our English pronunciation!
They learned traditional playground games, such as Grandmother’s Footsteps, and still had no idea about what 123 soleil meant (the same) or how to play Prisoners' Ball (Dodgeball). They never said "Plouf Plouf" but mentioned a dog instead: "Doggy did a poo, who stepped in it, that was you". They also played a great number of ball games the rules of which we will never be able to understand: Lacrosse, Netball, Cricket...They scooted to school on their micro scooters despite how nearby we lived (the school's catchment area was only 250 meters at the time!) and felt so confident that we travelled all around London with it.

Where we are concerned, we've learned all the jargon of the British education system but still can't understand the meaning of long division. We were managing alright until it all changed after a couple of years, introducing new curriculums, new key stages, and the ABC grading was made redundant (9 to 1 grades were launched, as well as acronyms such as ARE and GD).

The children were loving every minute of their life at school: classmates and staff were caring and immediately made them feel part of the community. It was such a relief that it was going so well, particularly when we realised that they were supposed to stay in the same class for 7 years. We felt  warmly welcomed, as the school PTFA organised social events, and our first parents' get together was held in the school hall with a glass of wine! We had fun at wine testing in the Call my Bluff evening and learned from our defeat to be more open-minded about wines (we hardly knew anything about other regions of the world that also produced wine). Maybe our former confidence on the subject had been far from justified.
What we struggled with was assemblies. First, we had to understand that, as parents, you were not allowed to miss them. Moreover, it was very hard to understand the words of 4 to 11 year olds who would speak too fast or too near the microphone. We heard people laughing and we didn't know why. We’ll never forget how emotional we became during the first Nativity we saw: it took place in a local church, with the entire Year Group (an impressive number of 90 children dressed as farm animals), sitting wonderfully, singing their hearts out, and rounding it all off with a  hearty rendition of We wish you a merry Christmas in... sign language (BSL).
The children belonged to their school community(-ies) or sports teams, as if they were so proud of them -  gathering up house points collectively. You see, in France, you achieve things for your own individual good - you don't really care about the rest of the group. In the UK, even if sometimes the final goal was sometimes surprising, such as coming to school ONE day in your own clothes, or achieving 100% attendance, the reward for the children would be a BBQ party after school with the teachers, for example! To us, as parents, the highlight of the school Auction Night was when we realised people were betting on an afternoon tea with the headmaster!

Unsurprisingly, our children gained so much self-confidence! They won their weight in medals of all sorts of prizes, from Star of the Week certificates to the delivery of Pen Licenses and even such rewards known as Dinner Winners ! It is such fun to attend a school here in this vibrant area of London. They came back from school loaded with 3D creations from the Junk Modelling corner. Yes, children have fun at school : they get to wear fancy dress, dressing up as Romans or ancient Greeks as part of the curriculum for example. They made their own gas mask boxes from the Blitz, their own sugar cube pyramids, a model of Tutankhamen’s funeral boat, not to mention the molasses cookies we baked for Black History Month to share with the rest of the class.

School life has much to celebrate here in the UK. Our children have become aware of most national charity events - such as Mad Hair Days, wearing spots for Children in Need, or smart clothes for No Jeans for Genes' Day. They would take in tins of food to school for Harvest Festival in October. They now know all about Diwali or Eid, can talk about Sikhism or Buddhism while French school children would be excluded if wearing a religious symbol in the name of Liberté, Egalité, Fraternité  because back home schools are not teaching any religious education.
Throughout these years, our children developed into rounded and thoughtful members of society, doing extracurricular subjects and learning mindfulness for example. They learnt how to discuss many different topics during such situations as class debates, school assemblies, or when meeting an Olympic sportsman, a charity worker, or an author. The school hall is a place to meet people and to provide role models. It is about raising children to care about their community. One subject is actually called Personal, Social and Emotional development: during these classes, self awareness and confidence are discussed - how "it's good to be me".

So we ask ourselves: who will our children become? As adults, where will they settle? In which country will they choose to study or work? They have made us parents bringing children in a foreign country, sometimes lacking cultural references. They understand UK values and culture better than us. We gave them this opportunity to grow up outside of France, speaking two languages. We chose, as a family, to become British citizens like them culminating in a Citizenship ceremony. 
Ironically, it was something which happened during this very ceremony that made us feel different from them. At the end, when we were asked to stand up and sing God Save the Queen, we were mumbling and lip synchronising whereas they knew the words...
From time to time it can be tricky having little to no understanding or experience of the education they receive at school or of the culture they are familiar with (such as Michael Morpurgo, Roald Dahl or even Capital FM unfortunately). We have many a time felt puzzled when we realise that they actually like jelly or want milk in their tea, or when they ask for vegetarian options at dinner !  Nevertheless, after all is said and done, who cares whether our children want Beef Bourguignon or veggie Shepherd’s Pie!  What matters is that they will always be able to cope with adapting to life changes, to new circumstances and to any new country or city in the world where they might choose to go and live - not too far from Europe - we hope !

We would like to thank the following people :
Our first friend, inviting us for a playdate, Elsie (Anita cooked Toad in the hole).
Everyone from the Willow class who took good care of Jeanne and teacher Ms KJ
The Headmaster and Headmistress of wonderful communities, 
All PTA members who work so hard 
Our ballet School teacher, Miss Angelina
Football Coaches (Dads volunteers at our Saturday football Club)
Our friends who have kindly accepted to be a referee for our citizenship process, as well as the heads of the schools.
Philippa for helping editing this text
Our parents and families who have been following us on this Blog for 10 years.